Course : Alonso sur le podium

Mark Webber a retourné une situation très mal engagée pour s'imposer en Hongrie et remporter sa 4e victoire de l'année. Le pilote RBR a notamment profité d'une pénalité infligée à Sebastian Vettel, alors en tête. L'Allemand termine troisième, derrière Fernando Alonso. Webber retrouve les commandes du championnat pilotes.

Le Grand Prix de Hongrie a beau être pauvre en dépassements, il n'est pas, et ce depuis plusieurs années, avare en rebondissements. Et le millésime 2010 n'a pas échappé à cette fraîche tradition. Par où commencer ? À l'instant où la course s'est embrasée : l'intervention de la voiture de sécurité suite à la présence d'un important débris en plein milieu de la piste. Une percée en piste de la ' satefy car ' de sécurité qui va jouer un rôle prépondérant dans le résultat final du Grand Prix. Solide leader de la course après un départ qui fut au centre de tous les regards, Sebastian Vettel s'engouffrait dans les stands, comme tous ses adversaires, pour échanger son train de pneus.

Tous ses rivaux à l'exception de Webber. Pris au piège une fois les monoplaces regroupées derrière le ' pace car ', le grand Australien ne pouvait se permettre un arrêt sous peine de repartir en queue de peloton. Au restart, Webber n'avait plus qu'une solution : enchainer les tours rapides pour creuser l'écart sur ses rivaux et se ménager une avance suffisante pour rester en tête voire sur le podium. Et dans son malheur, la réussite ne l'a pas quitté.

Leader virtuel, Sebastian Vettel était sous investigation des commissaires pour avoir laissé plus de dix voitures d'écart entre lui et son coéquipier sous le régime de la voiture de sécurité. Quelques tours plus tard, la sanction tombait : drive-through pour le poleman de l'épreuve magyare. L'Allemand était donc lui aussi contraint de se lancer dans une course contre le temps. Une course dans la course qu'il fut à deux doigts de remporter.

Après son passage par les stands pour s'affranchir de cette sanction, Vettel parvenait à sauver une place sur la podium, la troisième, et repartait à quelques encablures de Fernando Alonso. C'est alors au double champion du monde de devenir l'une des clés de cette course. Occupé à défendre sa deuxième place face à Vettel, Alonso favorisait l'échappée de Webber. Le pilote australien pouvait alors entrer en scène et attaquer comme un damné.

Après une vingtaine de tours effrénés, Webber regagnait enfin ses stands et repartait avec une belle avance. Sous réserve d'incident mécanique ou de course, c'était gagné. Les leaders n'ont rien vu de l'un des tournants de ce Grand Prix : l'abandon sur problème mécanique du leader du championnat Lewis Hamilton peu après l'intervention de la voiture de sécurité.  

Le coupé sport de Mercedes a d'ailleurs fait des dégâts : parti précipitamment des stands, Nico Rosberg immobilisait sa W01 sur trois roues au bout de la pit-lane. Libéré trop tôt par l'homme à la sucette de Renault, Robert Kubica tamponnait le flanc droit de la VJM03 d'Adrian Sutil, dont les stands faisaient face à ceux de l'écurie française. Les trois hommes ont rejoint la liste des abandons inaugurée par Jaime Alguersuari, moteur cassé.

Ces renoncements en pagaille ont fait les affaires de Vitaly Petrov, longtemps 6e puis 5e après le changement de gommes décalé de Rubens Barrichello. Le Russe sert à merveille l'écurie au losange orpheline de son chef de file Robert Kubica qui revient à 26 longueurs de Mercedes, rentrée les mains vides. Petrov précède Nico Hülkenberg et Pedro de la Rosa, qui inscrit sur les terres de son seul et unique podium en F1 les premiers points de sa saison. Peter Sauber peut sabrer le champagne puisque ses deux monoplaces sont dans les points avec la 9e position de Kobayashi, parti... 23e sur la grille. Le Japonais est devancé par Jenson Button, qui a traversé comme une ombre son week-end magyar. 

Le champion du monde en titre quitte Budapest avec les points de la 8e place. Reparti 11e après son arrêt aux stands, Rubens Barrichello a fondu sur son ex-coéquipier Michael Schumacher et lui a arraché la 10e place au prix d'un dépassement musclé. Le septuple champion du monde a tassé ' Rubinho ' contre le muret des stands au risque de provoquer un accrochage à près de 300 km/h. Les deux pilotes ont été convoqués par les commissaires de course. À sept courses de l'épilogue de la saison, le championnat a peut être basculé : Mark Webber reprend les rennes qu'il avait lâchés à Montréal (161 pts) devant Lewis Hamilton (157) et Vettel, qui accède au podium (151). Button et Alonso restent en embuscade (147 et 141).

Pour son 100e Grand Prix en F1, le succès est total pour Red Bull qui s'empare également de la tête du championnat des constructeurs. L'écurie autrichienne comptabilise 312 points, soit 8 de mieux que McLaren et 74 que Ferrari.

Mercedes voit Renault revenir à grands pas et Williams fait de même sur Force India, à la peine depuis Silverstone. Au virage de la trêve estivale, la dynamique a changé de camp. Red Bull vient de remporter trois des quatre derniers Grands Prix pendant que McLaren défendait bec et ongles son leadership.